:: Année 1807 ::


Médailles


Dans le cadre des célébrations du bicentenaire de la Campagne de Napoléon, de Pultusk à Tilsit, l'Institut de Recherches de l'Epoque Napoléonienne de l'Académie des Sciences Humaines de Pultusk a commandé à la Monnaie de Paris la frappe d'une série de médailles historiques. En plus, une médaille commémorative a été frappé spécialement à cette occasion.







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200 ans de la campagne 1809





.: Le commencement et la fin :.


Note du politologue

En commémoration des deux cent jours de la campagne de Napoléon en Pologne et en Prusse orientale, nous avons sélectionné des photographies des paysages parcourus par l’Empereur, ainsi que des témoignages de la mémoire contemporaine. Nous y avons ajouté des tableaux, des graphiques, ainsi que des médailles, tous réalisés au cours de la campagne ou peu après sa fin. Nous les avons complétés avec des plans réalisés par le Francais André Tardieu ainsi que des plans de batailles publiés au milieu du XIXème siècle par l’historien russe Alexandre Mikhaïlovski-Danilevski, vétéran des guerres napoléoniennes. Toutes les illustrations sont accompagnées d’un commentaire fourni. Ce désordre apparent est le reflet d’un dessein commun et de la variété des centres d’intérêt des auteurs -un historien, un artiste-photographe, et un politologue.
En tant que politologue, je m’intéresse à l’interprétation contemporaine de l’époque napoléonienne, ainsi qu’à l’influence de cette époque sur les processus d’intégration européenne. Je m’intéresse également aux formes de commémoration du passé – à la façon dont s’inscrit le passé dans l’histoire. Il est important de contraster les jugements sur Napoléon au sein de l’Europe contemporaine : la France, la Grande Bretagne, l’Espagne, l’Allemagne, la Pologne ou la Russie l’évoquent chacun de manière différente. Des opinions contrastées reflètent également un savoir varié. Il est difficile aux habitants d’Europe occidentale de s’imaginer un paysage hivernal ou estival d’Europe de l’est, où se sont déroulées des batailles de la Grande Armée, et où Napoléon a reigné pendant plus de six mois sur une grande partie du continent. Pour les Polonais, la peinture de l’époque napoléonienne évoque des scènes de Somosierra, de la Bérézina, ou de Lipsk, et non pas de Ostroda ou de Kamieniec Suski (appelé à l’époque Finckenstein). Les Russes peuvent être surpris à la vue des tableaux de Tilsit évoquant la rencontre de Napoléon avec les Bachkirs ou la remise de la Légion d’Honneur à un grenadier russe. Ils offrent pourtant des impressions bien différentes de celles des tourments mortels endurés sous Borodino ou lors de la bataille de la Bérézina.
Enfin, une réflexion déterminante pour l’organisation de l’album, classé dans l’ordre chronologique, mais par référence aux frontières nationales et régionales contemporaines. Les terres de la Prusse orientale font aujourd’hui partie de la Pologne, de la Lituanie, et de la Russie (l'enclave de Kaliningrad). Il appartient aux pouvoirs actuels et aux populations de ces régions de sauvegarder la mémoire du passé et de cultiver cet héritage. L’héritage de ces nations de l’époque napoléonienne, mais aussi des «petites patries», ces lieux empreints de légendes sur un séjour de l’Empereur, sur les batailles et les affrontements.

Mais que pouvons-nous faire, si la frontière entre la Pologne et l’Union Soviétique, marquée pendant plus de 60 ans par une ligne droite sur les plans des état-majors, a partagé les champs de bataille de l’Eylau, et le Niémen est récemment devenu la frontière entre la Russie et la Lituanie indépendante?
Il s’avère que, des deux côtés des frontières, malgré un jugement différent porté sur cette époque, la mémoire rapproche plus qu’elle ne sépare. En témoignerons, nous l’espérons, les actions menées en commun dans le cadre de la commémoration du bicentenaire de la campagne de 1807 et de toute l’époque napoléonienne.
Des avions de passagers survolent souvent les ruines du palais de Kamieniec Suski (Finckenstein). C’est l’un des couloirs aériens reliant l’Europe à l’Extrême Orient. Il y a quelques années, un magnifique jour de juin, j’ai reconnu Ostroda et Kamieniec d’une hauteur de dix kilomètres, et une heure plus tard j’étais déjà à Francfort sur le Main. En 1807, un messager mettait sept jours pour traverser la distance séparant Paris des quartiers-généraux de l’Empereur. Le voyage de l’ambassadeur du shah de Perse dura, quant à lui, plusieurs semaines. Le pacte entre la France et la Perse signé dans le palais de Kamieniec en 1807 définissait de manière précise les engagements mutuels, notamment sur les terres de Géorgie et d’Afghanistan. La Grande Armée n’a pas atteint ces contrées, mais la pensée politique de Napoléon s’étendait jusqu’aux Indes.
La rencontre entre Napoléon et Alexandre I à Tilsit, bien que courte, fut la pierre angulaire à la construction d’un vaste espace de paix et de coopération sur le continent européen, renforcé et pérennisé seulement à l’occasion des récents processus d’intégration européenne. Ce n’était pas seulement l’effet des victoires remportées. Juste après l’affrontement de Pultusk, dans la nuit de la Saint Sylvestre de 1806, Napoléon demanda aux évêques de soutenir les efforts menés, dans l’objectif d'«apporter définitivement à nos peuples une paix stable et durable, que l’esprit du mal ne pourra troubler». La route de Pultusk à Tilsit est la voie des armées, mais également le chemin vers une «paix durable», dont il nous a fallu attendre encore 200 ans avant de voir les contours se matérialiser.
Lorsqu’en 2000 nous avons créé à Pultusk un Institut de Recherches sur l’Epoque Napoléonienne, paradoxalement, lors des cérémonies de commémoration du bicentenaire de Marengo, puis d’Austerlitz, de Pultusk et d’Eylau, jusqu’à la Bérézina et Waterloo, nous voulions mettre l’accent sur le thème de la paix. Puisse cet album, publié par l’Académie des Sciences Humaines de Pultusk, consolider la vision pacificatrice du passé militaire et de la grande campagne d 1806-1807.

Krzysztof Ostrowski


Note de l’historien

Deux cents ans se sont écoulés depuis la «première guerre polonaise», comme fut nommée plus tard l’expédition des armées napoléoniennes sur les terres de l’ancienne Pologne et de la Prusse orientale dans les années 1806-1807. Des guerres, dont la mémoire a été éclipsée par les drames se déroulant dans ce recoin de l’Europe au cours des deux conflits mondiaux et après 1945, lorsque les terres prusses furent le lieu de migrations des populations massives et imposées. Le caractère de la guerre napoléonienne avec les Prusses et les Russes ne favorisait pas l’entretien de sa mémoire après la dernière guerre mondiale. Dans la mémoire des habitants polonais de la Mazovie ou de la Poméranie (à défaut de voisins Juifs), bien qu’il s’agissait de malheurs vécus par leurs aïeux, ceux-ci n’intéressaient à vrai dire que les étrangers. Pour les Polonais ou Ukrainiens domiciliés de force en Warmie ou en Mazurie, la campagne napoléonienne de 1807 concernait des terrains auxquels, pendant longtemps, ils ne purent s’attacher. Du côté soviétique de la nouvelle frontière le processus d’enracinement était encore plus difficile; d’ailleurs, ce fragment de l’histoire russe, plein de déboires et masqué par le souvenir de la victoire de 1812, ne jouissait pas d’une grande popularité. Mais qui aurait pu se souvenir de ces lointains évènements, alors que ces terres se trouvent si loin de la France, et que jusqu’à une période récente une partie des champs de bataille ainsi que l’ancienne Tilsit étaient pratiquement inaccessibles aux touristes?
La „Guerre Polonaise” peut être divisée en plusieurs phases bien distinctes. Au cours de la première phase, réellement polonaise, Napoléon pénétrait sur les terres de la République de Pologne abolie depuis 11 ans et tentait d’anéantir les Russes grâce à une manœuvre sur Pultusk. Après une pause dûe à l’exténuation des troupes, aux difficultés en approvisionnement et à un temps capricieux (contrairement à la légende, l’hiver polonais vira au bain de boue), des manœuvres militaires furent lancées sur Ilawka (Eylau), dans l’espoir renouvelé de porter le coup de grâce. La bataille sanglante engagée le 8 février 1807 dans les champs situés aujourd’hui entre la frontière polonaise et Bagrationowsk a mis fin aux opérations d’envergure jusqu’à la fin de l’automne. Les armées napoléoniennes, non plus seulement composées de Français, mais également d’Allemands, d’Italiens, et de Polonais, durent tenir plusieurs mois dans des casernes dispersées sur des centaines de kilomètres. Gdansk, tenu par les Prussiens, fut asségié, de même que Grudziadz, Kolobrzeg, et les forteresses sur l’Oder.
Ce n’est qu’en 1807 que la l’offensive russe de Bennigsen sur Pasleka a ouvert le dernier acte du drame, clos du point de vue militaire à Frydland et diplomatique sur le fleuve Niémen. La rencontre des deux jeunes empereurs, leur amitié affectée, faisaient naître un espoir de paix durable, et pour les Polonais l’espoir d’une certaine forme d’existence de leur état. Celui-ci prit la forme du Duché de Varsovie créé à Tilsit et existant pendant les 8 années suivantes. Ce satellite français de faible taille dirigé par un roi saxon mit en oeuvre les réformes qui ont jeté les bases d’un état moderne: certaines libertés accordées à la paysannerie, l’égalité des droits, des cours de justice universelles.
Les photographies de paysages polonais et prusses présentées dans notre album font référence à l’empreinte qu’ont laissé ces paysages sur les soldats de Napoléon. Les mémoires qui se sont conservés comportent nombre de descriptions de routes ne menant nulle part, étranges pour les soldats français ou allemands, et au bord desquelles apparaissaient parfois des villages (pauvres en territoire polonais, plus riches en Prusse), ou plutôt ce qu’on appelait ici des villages. Parfois apparaissaient à leurs yeux des manoirs perdus au milieu des champs s’étendant à perte de vue, et dont les propriétaires et les jolies demoiselles faisaient l’impossible pour recevoir les invités (non sollicités) dans la langue de Molière. La campagne des années 1806-1807 a introduit dans le dictionnaire des vétérans de la Grande Armée des notion telles que «la boue de Pultusk», ou «l’hiver de Pologne», et les dialogues de l’Empereur avec les soldats de la garde travaillés par la faim sont devenus des anecdotes:
- Papa kleba !
- Ni ma kleba !
Le souvenir des „Chrançais” renforcée par l’invasion massive de l’armée napoléonienne dans les années 1812-1813 a longtemps marqué les légendes, histoires et traditions locales. En effet, malgré la guerre frappant en général durement les populations locales, une longue coexistence a aussi abouti à la rencontre des hommes et des cultures. Pour des centaines de milliers de Français, de Bavarois, d'habitants de Baden, de Polonais, d’Italiens, et de Prusses, les années 1806-1807 représentent une expérience importante: le contact avec la différence. La différence des paysages, de la langue et du style de vie, bien que les paysans de Napoléon aient perçu des ressemblances entre leurs proches délaissés dans des «petites patries» et le quotidien de leurs hôtes polonais ou prusses. Ce furent, malgré la guerre, des aspects positifs du «tourisme militaire» des temps napoléoniens.
Et bien que la „guerre polonaise” fut sans aucun doute une période terrible et sanglante, nous nous souvenons également de l’autre aspect, bien plus humain, des évènements qui eurent lieu il y a deux cents ans.

Andrzej Nieuwa¿ny


Le point de vue du photographe

Personne ne peut dire quel aurait été le déroulement de cette guerre s’il y avait eu à l’époque la possibilité d’observer du ciel la route empruntée par les armées, ou les champs où devait se dérouler la prochaine bataille, une observation donnant la possibilité de réaliser des cartes meilleures. Ce n’est que près de 50 ans plus tard que le photographe français Gaspard-Felix Tournachon (plus connu sous le nom de Nadar) réalisera les premières photos du panorama parisien, au cours d’un vol en mongolfière. Il faudra attendre encore 50 ans l’apparition des premiers avions. Ces faits ont sans aucun doute influencé le développement des techniques militaires.
Lors de la prise des photos pour cet album, en dépit de l’histoire, j’ai entrepris une tentative de regarder depuis le ciel l’itinéraire suivi par Napoléon, les champs de batailles, et les lieux de son séjour. Les photos présentées ont été prises aux cours des années 2004-2006 à diverses saisons de l’année, dans une tentative de rendre fidèlement l’atmosphère et le climat de la marche des troupes à travers notre pays. La documentation sous forme de notes historiques, de cartes, de tableaux, anciens comme contemporains, se trouve ici confrontée à la nature presque changée, parfois à des bâtiments qui existaient déjà deux cents ans de cela, mais aussi à l’architecture des villes du début du XXIème siècle.
En faisant des photos prises d’un avion, j’ai eu la possibilité d’observer la nature sauvage et parfois inaccessible, les champs de bataille, les vues des lieux qui se sont inscrits dans les cartes de l’histoire.
La vue en vol d’oiseau de la région des lacs d'Ilawa ou du lac Français sur les Monts Dylewski facilite une vue d’ensemble, esthétique, de cette région couverte de forêts. J’ai tenté d’évincer du champ visuel les progrès de la technique, ne serait-ce que les câbles électriques, afin de montrer de la manière la plus fidèle l’apparence de ces lieux dans le passé. Sur la photo du champs de bataille de Pultusk on peut voir la route de Golymin empruntée par les armées –autrefois une route de champs, elle est à présent couverte de goudron.
Quelle était l’apparence de ce parcours pour les soldats de l’époque et pour Napoléon lui-même? Afin de la rendre plus crédible, j’ai réalisé certaines photos au sol. Il y a aussi eu quelques exceptions, par exemple lorsque grimpant sur la tour de l’église de Gutkow, j’ai tenté de montrer la perspective vue par les yeux de l’Empereur anticipant le développement de la situation. A une autre occasion j’ai gravi le Mont Napoléon, hélas aujourd’hui couvert d’arbres. C’est la raison pour laquelle la réalisation de ces photos importantes pour l’histoire de la région a été possible depuis un mont avoisinant.
J’ai l’espoir que mes photos, prises de divers points de vue, permettront de rapprocher l’image de la grande campagne des années 1806-1807.

Tomasz Stêpieñ


Sur les cartes de l’album vous trouverez les noms de nos amis français qui ont apporté leur soutien à l’idée du parcours de Pultusk à Tilsit et ont réalisé ce parcours: Florian Walewski, la Princesse Napoléon, le Baron Gourgaud et Thierry Lentz, étroitement liés à l’activité des institutions majeures dédiées à Napoléon en France, la Fondation Napoléon et Souvenir Napoléonien.
Nous souhaitons également mentionner le nom de Français qui nous aidé grâce à leurs grandes connaissances sur l’époque: Jean Tulard, Jacques-Olivier Boudon, Alain Pigeard. Des spécialistes et des curateurs de musée de l’enclave de Kaliningrad nous ont également aidés dans la préparation de l’album: Andrej Klemeshev, Genadij Kretinin, Aleksandr Panchenko, Georgij Ignatov.
En Pologne, l’Institut de Recherches sur l’Epoque Napoléonienne se félicite du soutien des professeurs Andrzej Ajnenkiel, Andrzej Bartnicki, Monika Hamanowa, Janusz Jasinski, Adam Koseski et Henryk Samsonowicz.

La création de la Fédération Européenne des Cités Napoléoniennes a donné un nouvel élan aux travaux de l’Institut et à l’initiative de tracer un itinéraire de Pu³tusk à Tilsit. La Fédération vise à rassembler les villes et localités dont l’histoire a été marquée par les événements de la période napoléonienne. Nous considérons le présent ouvrage comme une contribution au projet de la Fédération intitulé «Napoléon en Europe».

Une tradition ranimée …

Après la défaite de Waterloo et le Congrès de Vienne et à travers plus de cent ans de partitions de la Pologne, les traditions napoléoniennes ont persisté dans la culture polonaise grâce aux objets et souvenirs de famille, aux légendes non vérifiées mais pourtant passionnantes, ainsi qu’aux chefs-d’œuvre de la littérature et de l’art. Les œuvres « Messire Thadée »1, « La Poupée »2, « Les Cendres »3, les tableaux des batailles de Somosierra et de Moscou, la Mazurka de D±browski représentaient l’époque napoléonienne comme une chance perdue, mais bien réelle d’accéder à l’indépendance. Le souvenir de cette époque constitua un élément de la politique de l’Etat restauré à partir de 1918. La mazurka de D±browski devint l’hymne national. Le centenaire de la mort de l’Empereur, en 1921, fut célébré en grande pompe, tandis qu’une place du centre de Varsovie, ornée d’un monument provisoire, prit le nom de Place Napoléon.
La Seconde Guerre mondiale et la résistance des habitants de la capitale polonaise donnèrent naissance à de nouvelles références : la Place Napoléon devint la Place des Insurgés de Varsovie. La rue Napoléon Bonaparte, courant à travers un bois de la banlieue de Varsovie, ressemble jusqu’à ce jour, aux routes couvertes de sable et de boue qu’empruntèrent les soldats lors de la campagne de 1806. Les changements de régime à l’issue de la guerre ne furent favorables à la tradition napoléonienne ; on la retrouve donc essentiellement dans les souvenirs de famille. Le Niémen et la Bérézina se retrouvèrent au-delà de la frontière polonaise, tandis que, sur les terrains prussiens où se déroulèrent les campagnes de 1806 et 1813, s’installèrent des colons souvent inconscients de la tradition napoléonienne de leurs nouvelles petites patries. Pourtant, les références à Napoléon occupèrent une bonne place dans la cinématographie polonaise, la statue du prince Joseph fut déplacée vers des lieux de plus en plus exposés de Varsovie, des ouvrages historiques importants parurent et le plus important est qu’un nombre croissant d’enthousiastes s’intéressèrent aux traces laissées dans leurs familles et leurs villages par le passé des temps napoléoniens.
C’est ainsi que la tradition napoléonienne fut ranimée à la fin du XXe siècle, dans une Pologne démocratique et indépendante. Grâce à l’action de centaines, puis de milliers d’enthousiastes, elle est littéralement « sortie dans la rue » dans des dizaines de localités, elle a obtenu le soutien des autorités locales, des écoles, des églises, des unités militaires et a suscité l’intérêt des médias.
Nous fermons l’album par une mosaïque de photos de fêtes et de manifestations, principalement liées à la voie napoléonienne menant de Varsovie à Tilsit. Pu³tusk, Opinogóra, Ciechanów, Go³ymin, Modlin, Ostro³êka, Olsztyn, Ostróda, Kamieniec Suski, Gdañsk, Lidzbark Warmiñski – ce sont là des lieux où se déroulent des fêtes de plus en plus variées et intéressantes. Tout a commencé avec la popularité grandissante des groupes en uniforme, prenant grand soin de la force d’expression et de la fidélité de l’habit et du règlement militaire de l’époque. La reconstitution des batailles et escarmouches est accompagnée de la reconstitution de traditions plus pacifiques, telles que les messes militaires, les bivouacs, les lazarets. A Opinogóra, les chevau-légers de la garde se rencontrent tous les ans, rendant visite à la tombe du général Krasiñski et marchant jusqu’au château de Ciechanów dans un défilé haut en couleurs. Pu³tusk a vu naître un spectacle commémorant l’arrivée de l’empereur en décembre 1806. Le maire, les conseillers et les habitants saluent Napoléon dans des habits d’époque et, comme on le voit sur les photos, l’image de l’honorable visiteur évolue et est améliorée de façon constante.
A l’Institut de Recherches sur l’Epoque Napoléonienne, est née l’idée d’un concours visant à reproduire le personnage de Maria Walewska que Napoléon a rencontrée en rentrant, le 1 janvier 1807, de Pu³tusk à Varsovie. Madame Beata Tyszkiewicz, la présidente du jury, a déjà lancé, à l’issue de concours consécutifs, cinq étudiantes et élèves de Pu³tusk et Ciechanów en qualité de Madame Walewska contemporaine. La concurrence lors de la fête, qui se déroule dans le cadre magnifique de la Maison de la Polonia à Pu³tusk, est de plus en plus serrée. De son côté, Lidzbark Warmiñski est l’instigateur des revues de films sur Napoléon et de l’élection (avec vote sur l’Internet !) de la reine de Prusse Louise, célèbre pour sa beauté, son charme et ses démarches diplomatiques durant les négociations de Tilsit. La gagnante du premier concours « Madame Walewska » fut invitée à prendre part au jury du premier concours. A Tilsit, aujourd’hui appelée Sovetsk (oblast de Kaliningrad), l’élection de la reine Louise fut reprise avec une équipe internationale et la participation des gagnantes polonaises. Un trio d’acteurs professionnel, reproduisant les personnages de Napoléon, d’Alexandre et de la reine Louise, y tient aussi un rôle. Voilà comment se déroule le relais des initiatives et des idées sur la façon de rapprocher l’époque napoléonienne de l’époque contemporaine.
Outre les spectacles de masse, des manifestations approfondissant les connaissances sur l’époque sont organisées , tels que des conférences, des expositions, des rencontres avec les auteurs. Des expositions sont organisées entre autres par les musées de Cracovie, de Varsovie, de Toruñ, de Gdañsk, d’Opinogóra, qui ont réunis quantité d’objets de valeur et ont attiré des milliers de visiteurs. Pour rapprocher l’art de l’époque napoléonienne des habitants des localités plus petites, l’Institut de Recherches sur l’Epoque Napoléonienne a réalisé des copies fidèles des peintures et estampes provenant des collections des musées français (incluses dans l’album). L’exposition a déjà traversé Ostróda, Pasym, Kêtrzyn, Pu³tusk et passera encore par bien d’autres villes. A Przasnysz, un collectionneur local a remplit à lui seul plusieurs salles du musée local avec ses collections d’estampes napoléoniennes.
Le développement de la tradition napoléonienne sur l’Internet mérite une attention particulière. On trouve des informations et des discussions sur l’époque napoléonienne sur de nombreux sites dédiés à l’ensemble de l’époque ou seulement à certaines manifestations, formations, etc. L’un des sites les plus dignes d’intérêt est celui du portail Gery (www.napoleon.gery.pl) géré par W³odzimierz Nabywaniec.
La vivification de la tradition napoléonienne en Pologne est soutenue avec bienveillance par les connaisseurs et les enthousiastes de l’époque dans les autres pays, essentiellement par les cercles napoléoniens influents de France. Le comte Florian Walewski, récemment décédé, descendant en ligne directe de l’empereur, participa à de nombreuses manifestations et initiatives. On le voit notamment, dans la mosaïque de photos sur les pages suivantes, méditant près d’une statuette de son arrière-grand-père. Nos manifestations sur le thème de Napoléon ont accueilli les membres de la famille de Jérôme Bonaparte (ligne princière de l’empereur), la princesse Alix et son fils Charles, ainsi que le prince Murat, le baron Gourgaud, le baron Méneval, le baron de Marbot. Nous entretenons des rapports étroits avec Sovetsk et Bagrationovsk en Russie, ainsi qu’avec Albenga, Alessandria et Balestrino en Italie. Nous sommes invités à des rencontres aux Etats-Unis, par l’institut de Tallahasee dirigé par le chercheur infatigable de l’époque napoléonienne, le professeur Donald Horward. Nous rencontrons des historiens français, italiens, russes et américains à des conférences organisées à la Bibliothèque Polonaise de Paris, et nous avons pu montrer, avec le Musée du Romantisme d’Opinogóra, les copies des tableaux polonais sur des thèmes en rapport avec l’époque dans le manoir polonais reconstitué, dans le parc de St. Cloud.
Une magnifique charte de coopération avec la Pologne fut rédigée au cours des dernières années par des unités de l’armée française, finançant entre autre une plaque à Pu³tusk et ouvrant les archives aux chercheurs polonais. On trouve parmi les photographies la visite du chef de l’école du transport de l’armée française qui voulut rappeler, avec des fleurs déposées à Ostróda en 2007, que c’est au château d’Ostróda que Napoléon créa un service séparé du train.
Pu³tusk accueillit, en octobre 2007, la réunion des représentants de plus de quarante cités de France, d’Italie, d’Allemagne, de Pologne et de Belgique (d’Ajaccio à Waterloo), regroupées au sein de la Fédération Européenne des Cités Napoléoniennes, présidée par Charles Napoléon. Son adjoint est le Maire de Pu³tusk, Wojciech Dêbski. L’album se termine par une représentation de Napoléon, dont l’auteur est Gustaw Zem³a. Elle devait devenir un monument devant les ruines du palais de Kamieniec/Finckenstein. Pour l’instant, seuls des projets ambitieux subsistent. Néanmoins, nous sommes parvenus à commémorer, dans la chapelle déjà citée de Bezledy, trente-sept villes, villages et hameaux situés actuellement à l’intérieur des frontières de la République de Pologne, autour desquels se sont déroulées les batailles et escarmouches les plus significatives, mais aussi les plus sanglantes, de la campagne de 1806-1807: Bardo, Barkweda, Braniewo, Brzeg, Czarnowo, Dobre Miasto, Dwórzno, Dzia³dowo, Gdañsk, G³ogów, Go³ymin, Grudzi±dz, Jonkowo, Klony, K³odzko, Ko³obrzeg, Ko³oz±b, KoŸle, Lidzbark Warmiñski, Ma³ga, Mi³akowo, Mor±g, Nasielsk, Nysa, Ostro³êka, Pasym, Pop³awy, Pu³tusk, S³upsk, Spêdy, Srebrna Góra, Szczawienko, ¦widnica, Tczew, Wilczkowo, W³odowo, Wroc³aw. Lors du bicentenaire du traité de Tilsit, une prière œcuménique fut prononcée devant cette chapelle, rappelant le sacrifice des catholiques, des orthodoxes, des protestants, des juifs et des fidèles de l’Islam. Bénis soient ceux qui œuvrent pour la paix !
Parmi les souvenirs de la campagne de 1806-1807 présentés dans le présent album, il faut retenir le contraste entre le monde politique et les difficultés quotidiennes auxquelles devaient faire face les armées et la population civile. Il est aussi utile de se demander pourquoi cette époque suscite un tel intérêt et un tel enthousiasme auprès d’un si grand nombre de nos contemporains.
Les pages suivantes de l’album témoignent de cette tradition ranimée …

Krzysztof Ostrowski


1En polonais: « Pan Tadeusz », de A. Mickiewicz (note du traducteur)
2En polonais: « Lalka », de B. Prus (note du traducteur)
3En polonais: « Popio³y », de S. Zeromski (note du traducteur)



.: Andrzej Nieuwa¿ny
De Pu³tusk à Tilsit – campagne 1806-1807 :
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Après les défaites à Iéna et à Auerstaedt infligées le 14 octobre 1806 à l’armée prussienne par Napoléon et par le maréchal Louis Nicolas Davout, l’état de Frédéric-Guillaume III s’écroulait rapidement. Le 26 octobre, l’empereur des Français était déjà à Berlin et le roi avec la reine Louise se sont enfuis en Prusse-Orientale. Trois jours plus tard, une poignée de cavalerie française commandée par le général Charles Lasalle a obligé la puissante forteresse de Stettin à capituler. La peur s’est emparé de la Prusse, mais le roi prussien n’a pas suivi les traces de l’empereur autrichien François qui après la bataille d’Austerlitz avait demandé la paix au victorieux Napoléon. Néanmoins, malgré les espérances de Napoléon, en novembre 1806 la fin de la guerre était encore loin. Vu les 100 000 soldats du tsar Alexandre Ier approchant de la Vistule, les Prusses continuaient à résister, obligeant la Grande Armée à traverser l’Oder et à entrer en Pologne prussienne. Napoléon s’est trouvé dans l’obligation de gagner les Polonais à sa cause, et cela aussi bien pour des raisons militaires que dans l’optique de négociations avec la Russie et la Prusse.
Le 27 novembre, la cavalerie du maréchal Joachim Murat saluée avec enthousiasme est entrée à Varsovie. L’Empereur lui-même est arrivé discrètement à l’ancienne capitale et a choisi le Château pour son quartier. Les Russes qui en novembre ont traversé la Vistule se sont finalement retirés derière le fleuve. Napoléon préparait un plan qui lui permettrait de finir rapidement la campagne. Le 20 décembre, il a donné signe de traverser la Vistule et de commencer la grande chasse à l’armée russe. À l’aile droite – le IIIe corps de Davout et le Ve de Lannes avec la cavalerie de Murat étaient disposés sur les rives du Boug et du Narew. Au centre, le VIIe corps d’Augereau et le IVe de Soult marchaient sur P³oñsk (Plöhnen). Après avoir traversé le Wkra, ils devaient contourner le flanc gauche russe, tandis que l’aile gauche composée du Ie corps de Bernadotte et du VIe corps de Ney avec la cavalerie de réserve de Bessières marchaient de Toruñ (Thorn) vers Brodnica (Strasburg) pour arrêter les Prussiens de von Lestocq. Ce mouvement gigantesque, appelé plus tard „la manoeuvre de Pu³tusk” devait séparer l’armée russe, fuyant vers le Narew, de la Prusse-Orientale et permettre de la battre.
Le quartier général russe à Pu³tusk était en confusion. Le vieux maréchal Mikhail Kamensky, nommé par le tsar le commandant de l’armée et arrivé à peine une semaine plus tôt, avait les nerfs détraqués par les mouvements des Français. Il prenait des décisions contradictoires et fatiguait ses troupes par des marches et des contremarches inutiles. La nuit du 25 décembre, se plaignant d’écorchures l’empechant de monter à cheval, le maréchal a transmis le commandement de l’armée au général Buxhœwden, par l’intermédiaire du général Leonty Bennigsen et… a quitté l’armée. Son dernier ordre était : « Retrait ! ».
Bennigsen a toutefois pensé qu’une concentration de plus de 45 000 hommes et de 120 canons de la 2e, 3e, 4e et 6e division ne pouvait pas passer inaperçue. Il a donc gardé sa position et attendu. Après tout, il ne pouvait pas savoir que les Français… n’étaient pas au courant de sa présence. Marchant sur Pu³tusk, le maréchal Jean Lannes, inconscient de la supériorité en nombre de son adversaire, a en vain essayé de briser la défense russe en lançant une partie de son dispositif dans une attaque frontale. Le soir, une des divisions du corps de Davout a rejoint la bataille. Bennigsen, profitant de la nuit, s’est décroché des Français et laissant une partie de canons et les blessés, s’est dirigé sur Ostro³êka passant par Ró¿an. Le matin du 27 décembre, les soldats de Lannes sont entrés à Pu³tusk. Les Russes et les Français qui ont participé dans la bataille ne savaient pas que 20 km plus loin, près du village Go³ymin, avait lieu une bataille entre les corps des maréchaux Davout et Augereau et la cavalerie de Murat, d’une part, et les divisions commandées par les généraux Golitsyn et Dokhturov, inférieures en nombre, d’autre part. Les Français ont gagné aussi cette bataille, mais les Russes ont réussi à se retirer en bon ordre vers Ostro³êka.
Après la bataille de Pu³tusk, une soi-disant paix a reigné. Le 1 janvier 1807, Napoléon est retourné à Varsovie, et les Français ont pris leurs quartiers d’hiver. Mais Bennigsen a cherché à prendre sa revanche et a risqué une offensive afin de débloquer Dantzig et repousser Napoléon vers le sud. Le maréchal Ney qui a autoritairement entrepris une marche vers Königsberg est tombé sur les Russes en train d’attaquer. Ses avertissements ont alarmé le corps de Bernadotte dont la prévoyance valait la peine. Le 25 janvier, à midi, quand l’avant-garde du général Ievgueni Markov, qui la veille a pris d’assaut Mi³akowo (Liebstadt), est arrivée sur les champs de Mor±g (Mohrungen), la plupart du Ie corps l’attendait déjà. Les combats ont duré jusqu’au soir. La division du général Dupont arrivée de Pas³êk a attaqué l’aile droite de Markov et donné aux Français la supériorité. Néanmoins, l’infanterie française n’a pas réussi à piéger les soldats de Markov se repliant vers Mi³akowo. Malgré ça et malgré une charge de la cavalerie russe sur les arrières de Bernadotte, celui-ci a remporté la bataille de Mor±g.
Face à l’offensive russe, le 27 janvier, Napoléon a quitté les quartiers d’hiver et le 1 février son armée était déjà en route pour Olsztyn (Allenstein) où il croyait pouvoir affronter les Russes. Le centre composé du IVe corps de Soult, de la cavalerie de réserve de Murat et de la garde marchait par Wielbark (Willenberg) et Pasym (Passenheim). L’aile gauche composé du VIe corps du maréchal Ney et du VIIe corps d’Augereau a quitté Olsztynek (Hohenstein) et Nidzica (Neidenburg) pour arriver à Olsztyn en passant par la rive gauche du £yna (l’Alle). Le IIIe corps de Davout venant de Myszyniec devait passer par sa rive droite. Le premier but de ce corps était Barczewo (Wartenburg), ensuite, il devait s’emparer des passages par le £yna situés à Dobre Miasto (Guttstadt) et Lidzbark (Heilsberg). C’était un piège mobile pour les Russes. L’offensive a été sécurisée par le Ie corps de Bernadotte venant de Brodnica (Strasburg) qui devait engager les restes du dispositif prussien du général Antoine-Guillaume von l’Estocq. Lannes malade, le commandement du Ve corps a été pris par le général René Savary. Comme ce corps a été laissé pour couvrir Varsovie contre le corps du général Essen, il était le seul à ne pas participer dans la chasse.
Le 3 février, à Olsztyn, les Français ont traversé le £yna avec l’intention d’affronter l’adversaire sur la rive droite et d’engager une bataille générale, mais l’armée russe a réussi à éviter le piège tendu et s’est rangée en ordre de bataille sur la colline près de Jonków (Jonkendorf). Le hasard a décidé – le courrier envoyé par Napoléon à Bernadotte a été pris par les cosaques et les ordres qu’il portait ont averti Bennigsen. Il a arrêté la marche vers l’ouest et attendait. Le piège tendu près d’Olsztyn est resté vide.
Le 3 février, le corps de Soult devait prendre le pont sur le £yna à Barkweda (Bergfried) afin de sortir sur les arrières et sur l’aile gauche de l’armée de Bennigsen au moment de l’attaque frontale de la cavalerie de Murat. Les Français ont dû lancer quatre attaques et supporté de grandes pertes pour pouvoir repousser les Russes de la colline de Barkweda et de menacer l’aile gauche de Bennigsen. L’opération a commencé l’après-midi, vers trois heures, et fini à la tombée de la nuit, assez hâtive en février.
Quand l’infanterie de Soult combattait près de Barkweda, le dispositif principal français poussait l’armée de Bennigsen disposée sur 8 kilomètres le long de la route de M±tki (Mondtken) par Jonkowo jusqu’à Wêgajty (Wengaiten). Jusqu’au soir du 3 février, les troupes avaient des escarmouches dans les environs des positions russes - au nord de Gutkowo (Göttkendorf), sur les rives du Struga M³yñska. En attendant l’arrivée du VIe corps de Ney qui lui donnerait la supériorité en nombre, apès le coucher du soleil Napoléon a décidé de reporter la bataille générale au 4 février.
La nuit, Bennigsen sachant que le corps prussien de L’Estocq était encore à Ostróda, a quitté sa position près de Jonków et s’est dirigé vers le nord couvert par trois arrières-gardes commandées par le prince Pierre Bagration. L’espoir de piéger les Russes est parti en fumée et Napoléon a dû entreprendre une poursuite. Le seul avantage était de couper une partie de lignes de communication de l’ennemi et la seule réussite était de s’emparer de l’approvisionnement russe se trouvant à Mi³akowo et à Dobre Miasto et qui permettrait de remplacer l’approvisionnement français n’arrivant pas à suivre l’armée, comme d’habitude.
Le 5 février, Napoléon a quitté Skolity (Schlitt), est passé par Kalisty (Deppen) et W³odowo (Waltersdorf), a observé les combats près de Wilczków (Wolfsdorf) et s’est arrêté pour la nuit à Lubomin (Arensdorf). Les combats de retraite étaient très difficiles pour l’arrière-garde de Bagration qui a aussi souffert à cause du froid et de la neige.
Bennigsen a voulu passé la nuit du 6 au 7 février à Górowo I³awieckie (Landsberg). La position de défense devant Dwórzno (Hoff – environ 4 km au sud de Górowo) tenue par l’arrière-garde du général Barclay de Tolly devait garantir aux soldats épuisés un peu de repos. La position sur une colline, des forêts tout au long de la route et une gorge avec un petit pont protégeant le dispositif principal de Barclay semblait avantager les défenseurs. Toutefois, l’imprévisible Murat a engagé un combat meurtrier dont le résultat a été décidé par une attaque de cuirassiers français. Murat a engagé le combat bien que l’infanterie de Soult pataugeant dans la neige n’arrivât pas à suivre sa cavalerie. Barclay a dû se retirer derrière Dwórzno, et la nuit, l’armée de Bennigsen a quitté Górowo ne laissant derrière que des troupes de couverture.
Le 7 février, la cavalerie de Murat et l’infanterie de Soult ont approché I³awka et après des combats acharnés, ont repoussé l’arrière-garde russe. Napoléon a voulu commencer la bataille après l’arrivée de Davout attendu au petit matin. Ney ne pouvait arriver que beaucoup plus tard. Bennigsen a déjoué les plans de Napoléon en pilonnant la ville et le village de Rothenen et les divisions de Soult qui s’y trouvaient. L’Empereur a répondu avec les 40 canons de la garde et a repoussé la première attaque russe sur son aile gauche. L’avant du corps de Davout est arrivé et contournait l’aile gauche de l’ennemi en reprenant à Baggovouth le village de Serpallen.
Pour alléger Soult et Davout qui luttait avec tout le flanc gauche russe, Napoléon a organisé une diversion. Quand deux divisions du corps d’Augereau déployées au sud du cimetière ont lancé une attaque sur le centre russe, une tempête de neige a commencé au-dessus du champ de bataille. Les colonnes aveuglées ont confondu les directions, ont tourné à gauche et marché 300 pas devant la batterie de 72 canons russes. En une demi-heure, 900 soldats d’Augereau qui a été blessé durant cette attaque sont tombés sous le feu de canons et dans les charges de cavalerie et 4200 soldats ont été blessés. La moitié restant du corps s’est retirée vers les positions françaises. Elle n’a plus joué de rôle important dans la bataille.
C’était une crise. Le soleil sortant de derrière les nuages a éclairé une brèche de 1,5 km entre les corps de Soult et de Davout. Au milieu de la brèche, se trouvait Napoléon avec la garde. Appelé à son secours, Murat a dû sauver la situation en lançant une charge de 80 escadrons au moins, principalement de cavalerie lourde, appuyée par de chasseurs à cheval et grenadiers de la garde. Après un combat acharné avec la cavalerie russe et l’infanterie qui s’est défendue courageusement, la cavalerie française épuisée est retournée derrière ses propres lignes. Pratiquement en même temps, l’Ancienne Garde appuyée par la cavalerie a repoussé (un corps à corps à baïonnettes, sans un coup de feu!) une attaque de 4 000 grenadiers russes sur le cimetière occupé par le quartier général de Napoléon. Vu que l’accrochage frontal n’était pas décisif, Napoléon a placé ses espérances en Davout. La division du général Saint-Hilaire a engagé un combat avec Baggovouth pour reprendre le village de Klein-Sausgarten passant de mains en mains. La crise due à la contrattaque de la division d'Ostermann-Tolstoy a été détournée par les dragons et les divisions restant du corps de Davout commandées par les généraux Gudin et Morand. A 15 heures environ, après la prise des villages d’Anklappen et de Kutschitten, le maréchal a fini sa tâche en « pliant » l’aile gauche de Bennigsen et en sortant en arrière de son armée. Le commandant russe a nénamoins gardé son sang-froid sachant que 8 500 Prussiens de L’Estocq venaient à son secours. L’attaque prusse a obligé l’infenterie de Davout à quitter les deux villages et à passer à la défensive. Le maréchal encourageait ses soldats en criant « Les lâches mourront en Sybérie et les braves tomberont avec l’honneur ici ! » et n’a pas permis aux Prussiens d’aller plus loin que le bois au sud d’Anklappen. Avant le soir, il a même repris le village.
À 19 heures, la situation a changé pour la dernière fois – 10 000 soldats de Ney sont enfin arrivés près du champ de bataille. Les détachements de front ont pris le village de Schloditten. Après une contrattaque échouée, Bennigsen menacé à droite par Ney et à gauche par Davout a décidé de se replier vers Königsberg et Wehlau. La bataille indécise a été finie et le commandant russe qui a dû se retirer, s’est proclamé vainqueur. Napoléon est resté presque une semaine sur le champ de bataille. Puis, il a décidé de traverser Pas³êka (Passarge). Il a passé la nuit du 17 au 18 février chez un pasteur à Górowo et le 19 février, en passant par Wolnica, il est entré à Mi³akowo. Deux jours plus tard, il a pris son quartier dans le château de chevaliers teutoniques à Ostróda oû il allait rester jusqu’à la fin du mois de mars.
Dans la deuxième moitié du mois de février, les armées séparées par le Pas³êka ont mené une « drôle de guerre » de quatre mois interrompue par une guerre de patrouilles. Berthier a élaboré un plan de disposition de la Grande Armée : quatre corps de couverture ont été placés sur les deux routes vers Königsberg et sur la route vers Friedland. Le Ie corps (de Bernadotte) a pris sa position entre Zalew (Saalfeld) et Braniewo (Braunsberg), le IVe corps (de Soult) – dans les alentours d’Orneta (Wormidt) et Mi³akowo ; le VIe corps (de Ney) avec les dragons de Grouchy – à partir de Dobre Miasto jusqu’à Olsztyn ; le IIIe corps (de Davout) avec les dragons de Milhaud – à partir d’Olsztynek jusqu’à D±brówno. La garde devait prendre la place à Ostróda et dans ses alentours et les grenadiers d’Oudinot à Pasym (Passenheim). Le corps d’observation polonais commandé par le général Joseph Zaj±czek (quartier général à Nidzica - Neidenburg) devait couvrir l’aile droite de l’armée du côté d’Olsztyn jusqu’à les rives de l’Omulwia. Les patrouilles du Ve corps commandé par le maréchal André Massény devaient pénétrer jusqu’à cette rivière. Le Xe corps international du maréchal François Joseph Lefebvre commençait le siège de Dantzig, le décimé VIIe corps a été dissout et le maréchal Augereau a été renvoyé en France. Ses régiments ont été partagés entre ses collègues.
Napoléon allait passer à Kamieniec presque dix semaines (entre le 1 avril et le 6 juin) sortant rarement pour inspecter ses troupes. Malgré une stagnation sur le front principal, les sièges de Ko³obrzeg (Kolberg), Grudzi±dz (Graudenz) et la plus importante forteresse prussienne – Dantzig continuaient. En mars, les premiers détachements du Xe corps du maréchal Lefebvre qui pouvait compter environ 17 000 soldats, dont 2 400 chevaliers, sont arrivés près de la ville. Le corps était composé de fantassins français, saxons, badenois et polonais (de la division du général D±browski) organisés en quatre divisions et de la cavalerie française et polonaise. La garnison de Dantzig appartenant depuis 1793 à la Prusse comptait jusqu’à 21 600 hommes qui pouvaient être appuyés par 700 canons et l’artillerie de quelques frégates anglaises. Le commandant en chef était le maréchal Friedrich Adolf von Kalkreuth, agé de 71 ans, qui a déjà été battu par les Français dans la bataille d’Iéna mais qui n’a pas perdu son sang-froid. Malgré l’hiver, avec l’aide d’ingénieurs militaires, il a entrepris des travaux pour renforcer les fortifications négligées. Jusqu’à 4 500 hommes ont travaillé pour élever de nouvelles fortifications, y compris la lunette devant Grodzisko (Hagelsberg).
La forteresse de Dantzig, protégée par la Vistule et une bande de marécages, ne laissait pas aux envahisseurs de choix – elle ne pouvait être attaquée que du côté ouest. La forteresse de Wis³ouj¶cie (Weichselmünde) veillait sur l’embouchures du fleuve et Stogi (Nehrung) sabloneux garantissait une liaison même avec Pilawa et Königsberg. Grâce à la configuration du terrain, le périmètre de fortification renforcé par le fossé présentait de points d’attaque aisés – Biskupia Górka (Bischoffsberg) et Grodzisko (Hagelsberg), couverts de côté par Szaniec Wapienny (Kalke-Schanze) adossé au fleuve. La prise par une attaque de nuit du 6 au 7 mai de l’île d’Ostrów (Holm) défendue par les Russes et de Szaniec Wapienny prussien a permis de priver la ville de tout contact avec le monde extérieur. La défaite le 12 mai de l’opération de secours des armées russe et prussienne était décisive pour le siège et après le 20 mai, Kalkreuth a entrepris des négociations. La désertion de masse, surtout de soldats polonais, l’a poussé à capituler mais il a réussi à obtenir de bonnes conditions de capitulation : les 7 120 soldats restant de la garnison ont conservé leurs armes, leurs chevaux et la liberté, mais à condition de s’abstenir pendant un an de tout combat avec les Français. La forteresse de Wis³ouj¶cie a suivi l’exemple de Dantzig.
Le 27 mai, Lefebvre est entré dans la ville et a reçu la capitulation devant l’Hôtel principal de ville. Ensuite, les colonnes prussiennes ont quitté la ville. Heureux de la prise de Dantzig, Napoléon y est venu le 31 mai, au soir. Le lendement, on a organisé une entrée solennelle par la porte Wy¿ynna. Lefebvre a reçu le titre de duc de Dantzig.
Les premiers jours du mois de juin, Bennigsen a entrepris une offensive qui a mené à une série d’escarmouches sur les rives du Pas³êka et du £yna. Le 5 juin, le dispositif de Ney, repoussé par les Russes, a dû quitter Dobre Miasto. Quatre jours plus tard, les Français étaient de retour, pilonnés par l’artillerie russe située sur la rive opposée du £yna qui couvrait la retraite de armée russe. En pensant de nouveau à une bataille générale, Napoléon a quitté Kamieniec et passant par Zalewo (6 juin), Mor±g et Dobre Miasto, il est arrivé le 10 juin à proximité de Lidzbark Warmiñski (Heilsberg). La garde et le corps de Soult ont entendu la canonnade et accéléré leur marche. Éloigné du champ de bataille, l’Empereur a reçu le rapport de Murat qui se trouvait devant un corps de 15 – 20 mille hommes. Il a donné l’ordre à Soult et aux fusiliers de la garde de appuyer Murat. Soult a lancé une attaque contre les Russes et a réussi à les repousser jusqu’aux redoutes, mais ceux-ci ont appelé de nouvelles forces et ont repoussé les Français. Le soir du 10 juin, Bennigsen, malade et fatigué, a décidé de se retirer vers Pregola. Il avait peur que la marche des Français vers I³awka le séparerait de Königsberg et de son allié prussien. Les détachements russes l’un après l’autre marchaient vers Bartoszyce le long de la rive droite du £yna qui couvrait leur aile gauche. La retraite était couverte par le général Bagration et les cosaques de l’ataman Platov. Quatre mois après I³awka, la Grande Armée devait se rappeler quelles étaient les coûts d’une vraie guerre. Chaque partie a perdu entre 10 et 12 mille hommes, morts ou blessés. 70 000 Russes épuisés après 10 jours de combat et de retraite se repliaient sur Friedland. La bataille du soir du 13 juin était pratiquement certaine, quand la cavalerie russe a surpris et détruit les hussards français dans les rues de la ville. Les Français ont quand même réussi à prévenir Lannes de la marche des Russes et le maréchal a envoyé à Friedland le reste de la cavalerie avec l’ordre de ralentir cette marche. Une partie du dispositif – les corps de Soult, de Davout et la cavalerie de Murat – est partie à Köningsberg. Les autres corps français, y compris les détachements saxons et polonais (la division de D±browski), au total 67 000 hommes environ, marchaient à Friedland. Averti, Bennigsen a laissé le £yna derrière lui ce qui a permis à Napoléon de projeter le 14 juin une attaque dans le point de rencontre de l’aile gauche et du centre de l’armée russe, de prendre Friedland et de séparer de cette façon les forces combattant devant la ville.
La dernière bataille de la campagne devait avoir lieu sur une plaine coupée en deux par le £yna. Le blé poussait sur une partie du champ de bataille et cachait les mouvements des troupes. La ville de Friedland, localisée entre un étang et le £yna ne pouvait être attaquée que par l’ouest. L’espace entre la forêt de Sortlack au sud et le village Heinrichsdorf au nord qui régnait sur la route de Königsberg était coupée en deux par la rivière M³yñski Strumieñ (Mühlen-Fluss) avec ses petits ponts. La partie nord de la plaine était découverte et adaptée pour la cavalerie. La partie sud, boisée et légèrement ondulée, devait être prise par l’infanterie. Les détachements de front de Lannes ont commencé à attaquer les Russes à 3 heures du matin. Les avant-gardes à pied et à cheval ont combattu jusqu’à midi, surtout au nord de la M³yñski Strumieñ. Néanmoins, l’arrivée de la cavalerie lourde, de la division de D±browski, du front des corps de Ney et de Victor, ainsi que de la garde a permis à Napoléon de préparer la bataille finale. L’attaque principale prévue pour 17 heures a été confié à Ney. Les ponts de Friedland étaient sont but.
La bataille principale a eu lieu vers le soir entre les troupes de Ney qui ont lancé une attaque de la forêt de Sortlack et les troupes du prince Bagration accompagnés de la cavalerie et de la garde russe. La division de Dupont a lancé une attaque contre la garde russe et a sauvé Ney, mais c’est le général Sénarmont qui a porté le coup décisif. Le chef de l’artillerie du corps de Victor a rassemblé les canons dispersés dans les divisions et en a formé deux batteries de 15 canons chacune. En pilonnant droit devant, il s’approchait des Russes et a fini sa marche à 120 m de l’ennemi. Les Russes ont été écrasés au centre, puis au nord, où avant 22 heures, les détachements du général Gortchakov qui ont combattu courageusement ont été repoussés vers le £yna ou bien se sont enfuis du champ de bataille. La campagne de juin était courte mais sanglante. Alain Pigeard estime que les pertes françaises dans la bataille de Friedland se chiffrent à 1645 morts, 8 995 blessés et 400 disparus. Durant les neuf jours de combat 3 011 soldats de Napoléon ont été tués, 20 806 blessés, et 2 426 faits prisionnier. Pour estimer les pertes russes, nous devont nous baser sur les mémoires de Bennigsen qui a admis que dans la dernière bataille de la campagne 6 438 soldats sont morts et 2 566 ont été blessés.
Rencontre à Tilsit vue par les Français L’historien Albert Vandal a laissé une description pittoresque de la fameuse rencontre qui a eu lieu le 25 juin 1807 : « Au milieu du Niémen, en assemblant des péniches, on a construit un radeau. Nos soldats avec talent ont construit sur le radeau une maisonnette à deux pièces avec des meubles ravissants. Une pièce était destinée pour les empereurs et leurs négociations et la deuxième pour leurs quartiers généraux. Des guirlandes et des mosaïques de branches ont couvert les murs nus et sur le fronton, on voyait les initiales entrelacées de Napoléon et d’Alexandre […] Le tsar de Russie est venu avec son frère, les généraux Bennigsen et Ouvarov, le prince Lobanov et de nombreux aides de camp : maintenant, il s’est arrêté et reposé dans une auberge presque ruinée. […] Sur la rive française, on pouvait observer une grande agitation – les soldats formaient un rang et saluaient le commandant en chef qui passait. A cheval, il s’approchait du fleuve. Alexandre a tout de suite monté à bord de son bateau. Un autre bateau s’est détaché de la rive opposée avec Napoléon à bord. On pouvait voir son uniforme traditionnel et son chapeau légendaire. Les canons tonnaient et aux acclamations françaises : Vive l’Empereur ! les Russes ont opposé des acclamations plus sérieuses et plus scandées. On saluait les empereurs, on saluait aussi la paix ; dans toutes ces gens, habitués depuis huit mois au combat et à la haine, les lois de la nature ont triomphé ; un désir immense de repos et de calme a rempli en un instant des milliers de coeurs en apportant un espoir universel que l’accord entre les deux empereurs garantirait enfin la sécurité au monde ».
A midi, le 6 juillet, Napoléon a rencontré à Tilsit la reine de Prusse Louise qui a demandé d’alléger les conditions dures du traité franco-russe imposées à la Prusse. D’après Vandal, l’empereur « a montré qu’il était sous le charme de la reine qui a dévoilé toute sa grâce, mais sa dignité en est restée indemne ; l’empereur l’a laissé partir convaincue qu’elle avait réussi son entreprise. Quand il est resté seul, il est de nouveau devenu un homme politique intransigeant. Tout calmement, il a convoqué Talleyrand, lui a dit qu’il voulait déjà finir les négociations du traité et lui a ordonné de le signer sans retard et sans mitiger les conditions ».
La postériorité a gardé – entre autres grâce au tableau de Debret – l’épisode du 9 juillet, quand durant la parade finale, Napoléon a demandé au tsar de choisir le soldat le plus courageux du régiment de la garde de Préobrajenski pour le décorer de la Légion d’honneur. C’est comme ça que Alexeï Lazareff, en baisant la main de Napoleon, a reçu la croix de l’empereur (qui a été exprès mal cousue à l’uniforme) et a entendu : « Vous vous souviendrez l’avoir reçue le jour où votre empereur et moi, nous sommes devenus amis ». Le lendemain, après le départ, la croix de Saint-George était sur la poitrine du grenadier choisi de l’Ancienne Garde.
Les soldats de la Grande Armée étaient fascinés par la cavalerie asiatique du tsar qui utilisait au combat … des arcs. Le comte de Rumigny, officier du corps de Davout, a eu l’occasion de visiter le camp russe en compagnie d’un Russe rencontré à Tilsit : « Ses compagnons nous ont reçus avec une hospitalité militaire. Après le dîner, nous avons fait le tour des bivouacs. Les plus intéressants étaient les bivouacs des cosaques du Don, des kalmouks et des chevaliers kirghizes. Nous avons vu des Tatars tirant des flèches avec leurs arcs. Comme cet art est cultivé aussi dans le nord de Paris, j’ai surpris les Kirghizes en envoyant assez adroitement les flèches qu’ils m’ont données. Un chapeau sur une lance à 60 pas était notre cible. Les Tatars ne pouvaient assez s’en étonner d’avoir trouvé en moi un adversaire ».
Un festival de courtoisie entre le tsar et l’empereur qui habitaient la même rue a duré deux semaines. Ils assistaient ensemble à des parades militaires, ils mangeaient ensemble et parlaient. D’après les mémoires d’un grenadier de la garde Lecoq, les armées se fraternisaient aussi : « Nous avons reçu et régalé dans notre bivouac la garde russe et cela aux frais de paysans parce que nous cherchions les produits nécessaires cinquante lieues derrière nos lignes. Nous avions l’abondance de tout, à part le pain, toujours en manque. Nous payions même 5 francs pour une miche de mauvais pain, par contre nous avions une abondance de toute sorte de viande, aussi bien que de vin, de cidre, de bière et de vodka. Les Russes ne buvaient que la vodka. Au milieu du repas, les trompettes ont sonné et l’Empereur, accompagné du Tsar de Russie, a mené des manoeuvres de toute la garde. Le Roi de Prusse est resté derrière les deux empereurs. Dans son uniforme de hussard, il pouvait être pris pour un aide de camp. ». Le 9 juillet, après la ratification du traité, les souverains se sont entretenu pour la dernière fois pendant trois heures. Napoléon a longtemps salué de la main Alexandre qui partait. Après le retour dans le quartier, il a montré le texte à Pierre Daru, intendant en chef de la Grande Armée, et lui a demandé : « Qu’est-ce que vous en pensez ? ».
Le traité de Tilsit qui a divisé l’Europe et les terrains de l’empire ottoman en deux zones d’influence allait s’avérer n’être qu’un armistice. Même s’il étaient déçus quand le tsar n’a pas permis d’utiliser le mot « Pologne », c’étaient les Polonais qui étaient les vainqueurs, parce que c’est à Tilsit qu’a été créé le Duché de Varsovie – satellite français avec un roi saxon, mais avec la langue polonaise, des offices, une armée et une constitution qui a reconnu la qualité de citoyen à un paysan et a introduit une législation moderne. Une voie pour un (long) processus de construction d’une nation et d’une société modernes a été ouverte.



 

:: Année 2009 ::


Concours pour la reconstitution du personnage de Marie Walewska



Dimanche, le 22 février 2009, au château de Pu³tusk a eu lieu la VII édition du concours pour la reconstitution du personnage de Marie Walewska. Cette année le concours a été animé par le directeur actuel de l'Institut - dr Andrzej Nieuwa¿ny qui de façon vigoureuse et pittoresque et avec beaucoup d'humour décrivait l'époque et les relations compliquées entre la comtesse polonaise et l'Empereur français. Les douze participantes furent jugées selon des critères qui devaient permettre de relever les personnes ayant du charme, de l'entregent, sachant charmer par leur danse (valse anglaise) et par l'interprétation d'une lettre choisie parmi celles écrites par Napoléon a Mme Walewska. ...







:: Actualités ::


Le commencement et la fin



Note du politologue

En commémoration des deux cent jours de la campagne de Napoléon en Pologne et en Prusse orientale, nous avons sélectionné des photographies des paysages parcourus par l’Empereur, ainsi que des témoignages de la mémoire contemporaine. Nous y avons ajouté des tableaux, des graphiques, ainsi que des médailles, tous réalisés au cours de la campagne ou peu après sa fin. Nous les avons complétés avec des plans réalisés par le Francais André Tardieu ainsi que des plans de batailles publiés au milieu du XIXème siècle par l’historien russe Alexandre Mikhaïlovski-Danilevski, vétéran des guerres napoléoniennes. Toutes les illustrations sont accompagnées d’un commentaire fourni. Ce désordre apparent est le reflet d’un dessein commun et de la variété des centres d’intérêt des auteurs - un historien, un artiste-photographe, et un politologue...







© W³odzimierz Nabywaniec & OSEN

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